Prisonnière du silence

Posted in Chroniques Littéraires, Drame, Jeune adulte, LittQc
on septembre 18, 2017

Je suis une adolescente normale. Du moins, je l’étais : quatorze ans, des parents séparés, trois meilleures amies, l’école… Jusqu’à ce jour. Celui où ma mère a rencontré Michel, son nouveau chum. Au début, leur histoire d’amour avait des airs de conte de fées. Mais rapidement, ma mère a commencé à changer. Elle est devenue secrète, ne s’habillait plus comme avant, se maquillait tout le temps (même pour faire le ménage !) et semblait toujours sur le qui-vive.

Méfiant, jaloux, contrôlant… Le prince charmant de ma mère était loin de ceux que j’avais connus dans les livres de mon enfance. Avec le temps, les insultes sont devenues des menaces, puis des gifles, et, pour finir, des coups. Ma mère ne sortait plus, elle mentait à ses amies, ne répondait plus au téléphone. Malgré ma peine et ma révolte, la loi du silence semblait plus forte que tout. Jusqu’à cette nuit terrible où j’ai enfin trouvé le courage d’appeler à l’aide…

 

L’avis de Cat

” La violence domestique ne blesse pas que ceux qui la subissent, mais aussi ceux qui en sont témoins, le plus souvent des enfants et des adolescents. On pourrait croire qu’en raison de la gravité de la situation et de la diversité des réseaux de communication, il est devenu facile de se confier, de dénoncer. Mais c’est sans compter la honte, la culpabilité et la peur qui transforment chaque jour davantage la maison familiale en prison. “

 

Lire un roman et avoir le goût de le refermer à toutes les deux minutes, non parce qu’il n’est pas bon, mais bien parce que chaque page est difficile émotionnellement à lire ? C’est ce qui s’est passé avec Prisonnière du silence de Myriam de Repentigny.

Éléonore, Léo pour les intimes, vit une vie d’ado ordinaire! Ses parents étant séparés, elle vit la traditionnelle garde partagée. Bien sûr, elle déteste la nouvelle blonde de son père qui est donc parfaite ! Viens avec cette famille sa petite sœur Sabine, une bouffée de fraîcheur dans la vie de Léo. Elle a comme toutes les ados, des ami(e)s, et une best, bref elle vit ce que plusieurs ados vivent chaque jour. Le jour où sa mère lui présente son nouveau chum, sera la première journée de sa nouvelle vie. Michel un être méchant leur fera vivre l’enfer.

Ce roman jeunesse est sans doute le plus dérangeant qu’il m’est été donné de lire. Non seulement les scènes décrites le sont dans un réalisme convainquant, mais elles sont aussi tellement véridiques qu’on a l’impression d’être Léo, ou bien sa mère ! Toute en restant près de la littérature jeunesse, l’auteur nous plonge dans l’univers de la violence conjugales, de la roue qui tourne et de toutes les répercussions que ce genre de relations a sur l’entourage de la personne ou de la famille. Une belle réussite que de rester concret dans de telles situations. Parce que c’est en plein ce que j’ai aimé, que ça reste concret, que les faits y soient décrit comme ils se passent habituellement et que l’auteur n’essaie pas de cacher quelques vérités sous prétexte que c’est de la littéraire jeunesse !

En conclusion, j’ai passé un bon moment lecture, mais ce roman m’a chamboulée totalement, il n’est pas indiqué pour les cœurs sensibles ni pour les trop jeunes ados (ou en tous les cas supervisé par un adulte) ce qui est décrit est très cru et très réel et je crois qu’on a besoin de certaines perspective d’adulte pour tous bien saisir ce qu’engendre la violence conjugale. Comme habituellement, dans cette collection, à la fin du roman, se trouve une liste de ressource à contacter en cas de violence conjugale, un plus selon moi !

 

Prisonnière du silence écrit par Myriam de Repentigny
Publié aux Éditions de Mortagne dans la collection Tabou en février 2016
Genre: violence, adolescence, violence conjugale
Pages: 242
La note CatCritick 3/5 Un bon moment lecture

 

 

Fondatrice et rédactrice en chef de CatCritick

Leave a Reply