L’épopée des vêtements saisonniers

juin 14, 2017

 

J’aime les quatre saisons. Je les aime pour de vrai. Sans avoir vraiment de préférence. Je trouve que chaque saison vient avec son lot de grands bonheurs et de petits malheurs.

L’automne est synonyme de cocooning, de réconfort. On ressort les vêtements douillets, les bas de laine et les thés chauds. Avouez que vous autres aussi vous aimez ça vous coller su’l divan devant le retour de vos séries préf’ après avoir mangé un souper fait à la mijoteuse. Tsééééé! Ça nous fait oublier (un peu) que le temps froid arrive et que la noirceur nous tombe dessus presque tout de suite après l’heure du dîner!

L’hiver, ben c’est beau. C’est blanc, c’est pur. C’est le temps de Noël, du Jour de l’An et de la St-Valentin. On se fait des fondues chinoises le samedi soir et on sort nos vins rouges corsés. Pis on dira c’qu’on voudra, mais un chocolat chaud avec des guimauves, ça nous redonne le sourire après avoir gratté notre char pendant 12 minutes au bureau avant de pouvoir partir sur des routes mal déneigées dans un char frette parce que la chauffrette fournit pas!

Le printemps. Ben tsé, c’est le printemps. Y’a tu vraiment quelqu’un qui n’aime pas ça?! C’est comme une renaissance, un renouveau. Les jours s’allongent, on enlève des couches de vêtements, la couleur refait surface. Bon, on est dans la boue pendant 2 mois et si une journée on peut aller dehors en t-shirt, le lendemain ça nous prend notre doudoune pis nos bottes de poils, mais entoucas, on aime ça le printemps.

Pis y’a l’été. Ahhhh! L’été! Le soleil, la chaleur, le vin rosé, la piscine, les vacances, le BBQ, les soirées chaudes, les feux de camp. Oui la crème solaire, les maringouins, les barbeaux à cornes (beurkkkkkkkkkkkkkkkk), les mouches noirs, les canicules et les jours de pluie, mais ce n’est rien comparé à l’immense bonheur de s’effouèrer sur une chaise longue, thé glacé dans la main droite, dernier roman d’Amélie Dubois dans la main gauche, grosses lunettes de soleil dans face.

Bref, vous comprenez que je n’ai pas de préférence de saison. Je les aime toutes. J’suis comme Mère Nature genre; j’aime tous mes enfants également, pas de chicane.

Sauf que ça, tout ce bel amour-là pour les quatre saisons de l’année, c’était AVANT d’avoir un bébé dans ma vie! Parce qu’avant son arrivée, je n’avais pas besoin de faire la gestion des vêtements d’extérieur et ça, c’est toute une épopée!

 Non mais c’est vrai. Quand mon p’tit poulet est né, c’était l’hiver et j’avais eu un nid d’ange. Tsé l’espèce de p’tit sac de couchage pour bébé qu’on attache à la coquille et dans lequel on ne fait que glisser bébé avant d’aller dehors, merci bonsoir. L’invention du siècle! Quand les gens autour de moi me disaient à quel point ils compatissaient que je doive habiller mon bébé pour sortit à l’extérieur, je leur répondais immanquablement « Y’a rien là! Je le mets dans son nid d’ange avec une p’tite tuque et hop, il est prêt! ». À chaque fois, les gens s’extasiaient devant l’utilité du nid d’ange en me disant « On n’avait pas ça dans notre temps ». Bref, personnellement, j’trouvais qu’il n’y avait rien là habiller un bébé pour aller dehors et mon amour pour les quatre saisons est

resté intact… jusqu’à l’hiver dernier, alors que mon mini n’était plus assez mini pour être dans un nid d’ange.

L’automne avait quand même bien été. Un petit manteau, des pantalons de toile, une tuque et nous voilà partis jouer dehors. J’étais confiante envers l’avenir, ça allait bien. Puis soudainement, les premiers flocons se sont mis à tomber et les pantalons de toile n’ont plus suffit. Une amie m’a donné un habit de neige pour M. Louis et c’est là que j’ai compris ce que ça voulait dire « avoir de la difficulté ». Sérieux, mon bébé avait genre 10 mois et ça me prenait MINIMUM 12 minutes l’habiller pour aller dehors! Lui mettre sa tuque, lui mettre ses bottes, lui mettre ses mitaines, lui remettre sa tuque, trouver la botte qu’il avait réussi à enlever, lui mettre son habit de neige, essayer de passer ses bras à travers les manches, lui mettre son foulard, lui essayer le nez parce qu’il pleure parce qu’il n’est plus capable d’enlever sa tuque vu qu’il a ses mitaines, essayer de zipper l’habit de neige jusqu’en-haut malgré l’espèce de gros « motton » occasionné par le foulard, me rendre compte qu’il y a une mitaine de tomber, lui remettre sa mitaine, essayer de mettre sa manche de manteau par-dessus sa mitaine, le prendre dans mes bras, mettre mes bottes, mon manteau, mon foulard et mes mitaines à la vitesse de l’éclair parce que lui, il hurle sa vie, le mettre dans sa coquille, ESSAYER de l’attacher comme du monde malgré ses 63 épaisseurs de vêtements… être brûlée alors qu’on n’est même pas encore parti.

À ce moment-là, je vous confirme que mon amour pour l’hiver a mangé un sérieux coup. C’pas mêlant, j’ai décidé qu’on allait s’encabaner dans la maison jusqu’à ce que la neige fonde. On sortait quand c’était nécessaire pis le reste du temps, on évitait le plus possible l’épreuve de l’habit de neige. Quand mes parents nous invitaient à souper, je leur demandais souvent si n’aimaient pas mieux venir souper chez nous à la place et quand super chum-papa voulait aller jouer dehors avec M. Louis, je lui disais « Ok, mais c’est toi qui l’habille » pis soudainement, son envie de grand air fondait comme neige au soleil.

 Je me suis aussi rendue compte d’une autre affaire : c’est pas parce que t’as un habit de neige pour ton enfant au début de l’hiver que tu vas avoir le même jusqu’à la fin de l’hiver. Oh non! Parce qu’en février, alors qu’il reste À PEINE un petit mois et demi de gros froid, ça s’peut que ton bébé décide d’avoir une giga poussée de croissance pis que son habit de neige devienne ben trop sexy! Vous comprendrez que c’est drette ça qui nous est arrivé. Ça fait qu’un samedi matin, je suis partie au centre commercial avec l’intention d’acheter un nouvel habit de neige un peu plus grand pour M. Louis, de quoi qui allait me dépanner jusqu’à la fin de l’hiver. Moi, pleine de naïveté, je vais dans un magasin spécialisé pour le linge de bébé, j’explique la situation à la vendeuse et elle me présente ses derniers modèles d’habit de neige « parce que la saison est presque finie Madame ». 180$. Cent quatre-vingt dollars. Et plus. Pour un habit de neige de même pas deux pieds de long pis pas très beau en plus. Le peu d’amour qu’il me restait pour l’hiver s’est enfui en courant. J’ai fini par errer dans le centre d’achat pendant 2hrs avant de lui trouver un habit à 60$, ben trop grand.

Quand la neige a fini par fondre et que les journées (un peu) chaudes sont revenues, j’ai compris tous les parents qui vivent en pays nordiques. Tous, sans exception. J’ai compris pourquoi le gens ont tant de mal avec le temps froid. J’vous jure, j’ai comme eu une illumination. Parce que sans

joke, la première fois que j’ai ENFIN pu envoyer mon fils dehors sans que ça me prenne 10 minutes le préparer. La première fois que je l’ai envoyé dehors en lui mettant juste une paire d’espadrille. Cette première fois-là, je suis morte d’amour pour le printemps et l’été!

C’est comme si en même temps que les bourgeons dans les arbres et que les ribsteaks sur le BBQ, la Maison du Bonheur renaissait elle aussi. On a recommencé à s’inviter à souper chez mes parents, à sortir dehors plusieurs fois par jour, à aller prendre des marches. J’ai rangé l’habit de neige trop grande ben ben ben ben loin dans l’fond d’un garde-robe, histoire d’essayer de l’oublier.

 

 On dira c’qu’on voudra, en tant que parent, juste le fait de sortir de la maison est souvent compliqué. Ici, par exemple, je dois penser d’amener des couches, des serviettes humides, un tapis à langer, un gobelet, une collation, une doudou, une suce et un livre. Ça, c’est le strict minimum de notre suivie personnelle. Parce qu’on s’entend que si on part pour une soirée au complet ou PIRE pour une fin de semaine, c’pas mêlant, on remplit le char jusqu’au plafond de « au cas où que… » et de « On va amener ça et ci, juste pour être sûrs… ». Ça fait que peu importe l’endroit où on va, ça prend toujours un p’tit peu de préparation avant de pouvoir partir. Fait que si on est capable de se sauver la crise de nerf de l’habillement pis la sueur qui m’coule dans l’dos avant même que je sois assise dans le char, mon bonheur est à son comble.

Hiver, je t’ai longtemps aimé. T’es la saison de Noël (pis je suis une IMMENSE fan de Noël) et de ma fête. Hiver, t’es tellement belle dans ta robe blanche, quand tu scintilles de 1000 feux. Hiver, je me faisais un devoir de t’aimer malgré tes défauts parce que j’te trouvais souvent malmenée dans le cœur des gens. Sauf qu’hiver, cette année, j’ai tellement sacré après toi pendant que M. Louis faisait l’bacon à terre parce que j’essayais d’y mettre ses bottes qu’on dirait que j’t’aime pu. J’suis désolée, mais été a pris ta place dans mon cœur et dans ma tête. Et ce, au moins jusqu’à ce que M. Louis ait 18 ans et qu’il s’habille tout seul! Fait que, à tous, bon été et profitez du fait que c’est teeeeeelllllement moins compliqué!

 

Jessice du blog Le carnet d’une maman ect

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